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Nussknacker und Mausekönig : Tchaïkovski à l’envers, mais Hoffmann à l’endroit

Opéra de Zurich

Nussknacker und Mausekönig. Ballet de Zurich. Chorégraphie Christian Spuck. Représentation du mercredi 26 décembre 2018.

La tentation est forte d’offrir une relecture du Casse-Noisette de Tchaïkovski qui se rapproche du conte original d’Hoffmann avant son édulcoration par Alexandre Dumas. La structure originale du ballet n’aide cependant pas à la narration. L’acte 2 a été conçu comme un grand divertissement chorégraphique dans le goût des ballet-revues italiens popularisés dans les années 1880 par des danseuses comme Viriginia Zucchi et son chorégraphe attitré Luigi Manzotti. À Paris, la version de Noureev, peut-être celle qui essaie le plus de se rapprocher d’Hoffmann, ne sort pas tout à fait du schéma en numéros de la partition. La jeune Clara fait des cauchemars dans lesquels interviennent des membres de sa famille déguisés en espagnols, en russes ou … en chauve-souris. Mais certains des numéros échappent à cette catégorisation (le pas de trois rococo et la danse chinoise). Néanmoins, la version Noureev reste, à ce jour, la plus satisfaisante pour rendre compte de manière classique de l’atmosphère originale du conte (d’autres ayant assez élégamment aussi résolu le problème de l’absence de rôle de la jeune héroïne et de son prince Casse-Noisette à l’acte 2). Mais à Zurich, Christian Spuck voulait plus. Il voulait Hoffmann ; tout Hoffmann. Le conte original du Casse-Noisette et le roi des souris est une sorte d’Alice au Pays des Merveilles croisé avec L’Homme au sable. Herr Drosselmeier est un homme curieux qui s’assoit au bord du lit de la petite Marie et se substitue à ses vrais parents pour lui conter des histoires merveilleuses, parfois, ou effrayantes le plus souvent. Celle des mésaventures de la princesse Pirlipat (la première à être transformée en croqueuse de noix) et du prince Casse-Noisette (détenteur de la noix dure-remède puis victime de la vengeance de la reine des souris) s’étendra sur trois soirées de suite. Dans la foulée, Clara épousera le neveu de son mentor conteur.

La lecture de l’argument pour l’acte 1 dans le programme de Zurich n’est pas sans laisser perplexe. On se demande comment deux, voire trois fils narratifs (Marie et Fritz chez Drosselmeier, les mésaventures de la princesse Pirlipat, la famille Stahlbaum prépare Noël) vont réussir à s’imbriquer dans l’espace étroit des 50 minutes de musique qu’offre le premier acte. Et pourtant tout se déroule naturellement. Après l’introduction de trois drôles de clown-automates (un accordéoniste et deux danseurs qui semblent avoir pris possession de l’atelier de Drosselmeier et qui commentent en quelque sorte l’action pendant tout le ballet) sous l’œil un peu réprobateur d’un jeune-homme en chandail à carreaux et lunettes rondes d’Harold Lloyd (qui s’avérera être le neveu de l’horloger, le prince et le Casse-Noisette), l’action est étonnamment lisible. Dans la boutique du génie des rouages, Marie, nom original de la jeune héroïne (Meiri Maeda, très fluide dans sa danse et toujours en caractère), s’ennuie et se chamaille avec son boudeur de frère Fritz (le très dense Mark Geiling). Drosselmeier raconte ses histoires par le truchement d’un petit théâtre d’automates reproduit et agrandi en fond de scène côté cour (décors de Rufus Didwiszus). Les danseurs du conte de Pirlipat apparaissent avec des gestuelles mécaniques qui se fluidifient et se naturalisent à mesure que les enfants rentrent dans le conte. Par moment, Marie et son frère sont placés sur la petite scène côté cour, couchés au sol et regardant à travers la petite boite-théâtre tandis que l’action du conte se déroule sur la scène principale. Les arguments peuvent alors se chevaucher sans perdre le spectateur.

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – Clown (Yen Han), Fritz (Max Geiling), Clown (Daniel Muligan), Drosselmeyer (Jan Casier) et Marie (Meiri Maeda).
© Gregory Batardon

La narration au plus proche d’Hoffmann a néanmoins un prix : c’est en effet tout l’ordre de la partition de Tchaïkovski qui est chamboulé. L’orchestre commence d’ailleurs par jouer la conclusion du ballet (Marie et Fritz dans la boutique de Drosselmeier) et la soirée se conclut par l’ouverture. Le plus souvent, pourtant, la structure en numéros de l’œuvre supporte bien ce genre de remède de cheval. On soulève bien un peu les sourcils quand les danses de salon des grands parents, des parents et des tantes se déroulent sur la scène de Clara et de son jouet Casse-Noisette, et quelques transitions musicales ne semblent pas « naturelles », mais dans l’ensemble on goûte ce regard nouveau sur l’histoire qui vous rafraichît aussi l’oreille. Les malheurs de Pirlipat transformée en brise noix sont exposés, au premier acte sur une grande partie du divertissement de l’acte deux et on n’est pas mécontent de voir disparaître la couleur locale souvent forcée dans la plupart des versions du ballet.

Le Casse-Noisette de Christian Spuck fourmille d’inventions visuelles qui préservent le sentiment de merveilleux propre à l’enfance tout en satisfaisant le second degré que recherche le public adulte: les costumes (Buki Shiff) de la cour de Pirlipat, au rococo hypertrophié, très Jules Barbier, sont à la fois beaux et juste ce qu’il faut ridicules, les rats ont d’adorables moustaches frétillantes mais restent menaçants (ce sont des danseurs adultes qui les incarnent), l’arbre de Noël géant est évoqué par une simple branche décorée d’une boule gigantesque, mais le balancier de la pendule aussi a grandi, traversant la scène tel un couperet. Les flocons sont noirs mais les costumes scintillent de guirlandes électriques (un passage dans lequel Éléonore Guérineau apparait en demi-soliste mais attire le regard par l’acuité et la précision de sa technique).

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – Pirlipat (Eléonore Guérineau) et un prétendant.
© Gregory Batardon

La chorégraphie quant à elle est faite de passes  intriquées et de de positions contournées se greffant d’une manière volontairement visible sur un tronc de pas d’école de haute volée. Il y a des enroulements des bras, beaucoup de flexes dans les battements ou dans les sauts. Les garçons surtout ont de longues lignes. Ils jettent  couramment à 180° (Filipe Portugal, qui danse le grand-père à problèmes de coordination exécute des entrechats très croisés en flexe). Les filles ne sont pas en reste. Katja Wünshe, en Reine des fleurs, décoche des arabesques dans les roubignoles de son partenaire à barbe fleuri (Yannick Bittencourt, très belles lignes mais un peu sous-employé) avec une assurance qui force l’admiration. La variation Fée dragée-bonbon-cupcake avec son outrageux tutu « ronde des desserts » (sur la traditionnelle danse arabe) apparaît moins originale. Ou est-ce parce qu’Elena Vostorina, un grand gabarit, cherche un peu ses pointes et que le costume semble la gêner ? En revanche, la gestuelle des automates est très réussie, très proche de la robotique. Elle est particulièrement accomplie lorsque le prince-neveu est transformé en casse-noisette (le très beau Alexander Jones, également très convaincant en jeune homme un tantinet coincé puis en prince un chouïa guindé).

Les duos des deux clowns automates (Yen Han et Daniel Mulligan) sont à la fois techniquement élaborés (beaucoup de portés horizontaux où la ballerine se retrouve souvent dans des positions délicates), bizarres et tendres. Ils sont toujours accompagnés d’un nuage de poudre dispensée généreusement par la perruque de la ballerine. Ce couple trait d’union est justement ovationné à la fin de la soirée.

Drosselmeier, le très longiligne Jan Casier, est doté pour sa part d’une gestuelle à la fois facétieuse et inquiétante de mante religieuse.

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Les ressources comiques de la gestuelle de Christian Spuck émerveillent surtout. À l’acte 2, Fritz, le frère de Marie, revient dans son cauchemar en héros malheureux de la bataille des rats (montés sur patins à roulettes), entouré d’un état-major de gars à épaulettes dorées, frange au vent et courage en berne ; ces personnages falots ne sont pas sans rappeler la gestuelle désarticulée du grand père à l’acte 1.

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – Fritz (Mark Gallen)
© Gregory Batardon

Les scènes de la princesse Pirlipat sont un chef-d’œuvre de timing comique. Elles sont construites comme une parodie du premier acte de La Belle au bois dormant. Pirlipat est affligée de quatre bélitres de prétendants pour lesquels elle n’a aucunement l’attention de rester trois plombes en équilibre le temps qu’ils se décident à lui donner la main. Éléonore Guérineau, dans son costume d’Alice au Pays des Merveilles qui détonne avec l’ambiance XVIIIe du reste de sa cour, est parfaite en petite fille de 12 ans à l’orée de la crise d’adolescence. Elle trompe encore son monde en affichant un sourire poupon mais a déjà dans les yeux le lucre et la cruauté des jeunes adultes. Ses expressions changent d’ailleurs comme un ciel de fin d’été. Les sourires de convention se muent imperceptiblement en moues ennuyées ou agacées lorsqu’elle est confrontée à ses soupirants. La gestuelle athlétique (des grands jetés, des grands battements 4e à se cogner le front et une sorte de temps levé cabriole pieds flexes), qu’Éléonore Guérineau embrasse avec une insolente facilité, montre bien que cette princesse compte plus tard porter la culotte et poser ladite culotte sur le trône à la place de son consort. Transformée en accro du cerneau par le truchement d’un dentier infernal, placée dans un aquarium telle un reptile dangereux, elle plonge la tête dans les reliefs de son festin avec un entrain loufoque.

À la fin du Casse Noisette de Christian Spuck, conformément au conte d’Hoffmann, Marie, selon un plan bien préparé par Drosselmeier, tombe amoureuse du neveu de l’horloger –alias le prince au skateboard, alias le casse-noisette (un pas de deux entre Alexandrer Jones et Mairi Maeda se tranforme en pas de trois avec Jan Casier. Le danseur-mentor s’efface ensuite pour laisser le dernier duo –mais pas le dernier mot- au couple d’amoureux). Entre-temps, Marie a revêtu le costume de la princesse Pirlipat. Doit-on avouer sans honte notre affreux chauvinisme ? Pour nous, il n’y avait qu’une seule et unique princesse Pirlipat.

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – La princesse Pirlipat (Eléonore Guérineau)
© Gregory Batardon

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Zurich, The Nutcracker : Princess

« Vous me faîtes danser, très cher! ». Dessin « Lesperluette »

Nussknacker und Mausekönig, Tchaikovsky-Spuck, Ballett Zurich, December 26, 2018.

In his Nussknacker und Mausekönig for Ballett Zürich, Christian Spuck demonstrates how deeply he understands your greatest regret about having had to grow up: not that ability to consume enormous amounts of candied nuts without getting sick, but your having lost that once unforced openness to magical thinking. It’s been too long since that time when you knew how to look beyond the obvious, when wonder seemed natural and “sliding doors” normal, when your dolls were not “toys” but snarky and sassy and opinionated and utterly real living beings.

Spuck also demonstrates how well he understands our second greatest regret about having had to grow up: realizing that now it’s your turn to take the kids to see The Nutcracker. Most versions of this holiday staple have this in common: cloying sweetness and one hell of a loose and dramatically limp plot. Act 1: girl gets a toy on Christmas Eve, duh, big surprise. People in ill-fitting mouse costumes try to launch a rebellion that gets squashed in three minutes and twenty seconds flat [if you listen to the version by Fedoseyev and the USSR Radio-TV Symphony Orchestra]. Unh-huh. It snows. Well, that can happen in December. Act Two: she dreams of random dances that have something to do with sugar or flowers. Like, wow. Why did anyone think this drivel would ever be of interest to children? When I was small, I came out of this – my first ballet — sorely offended by this insult to my intelligence…and to my imagination.

Spuck’s exhilarating rethinking of this old chestnut returns to the original story by E.T.A. Hoffmann in order to scrape off thick layers of saccharine thinking. Newly told, a real narrative takes us back to a surreal and fantastical realm that is both familiar yet often unsettling and keeps you guessing right up to the end.

But first I must confess that the desire to see one of the Paris Opera Ballet’s many talented dancers “on leave” this season originally inspired my pilgrimage to Zurich. Eléonore Guérineau is alive and well and lived it up as Princess Pirlipat. She has taken to Spuck’s style like a duck to water [or, given the nuts, like a squirrel to a tree]. Her fairy-tale princess read as if her Lise from the Palais Garnier had spent the interim closely observing the velvety perversity of cats rather than the scratchy innocence of chickens. – The way Guérineau adjusted the bow of her dress differently each time added layer upon layer to her character, including a soupçon of Bette Davis’s Baby Jane, totally in keeping with Hoffmann’s sense of how the beautiful and the bizarre intersect. Our Parisian ballerina’s chiseled lines and plush push remain intact, and the two kids in front of me immediately got that she was Marie’s sassier alter-ego (and were disappointed every time she left the stage).

Pirlipat? Are you confused? Good!

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – La princesse Pirlipat(Eléonore Guérineau), sa cour et le roi des souris.
© Gregory Batardon

A central part of the original story was lost when Alexandre Dumas [he of The Three Musketeers] translated – and severely bowdlerized — Hoffmann’s tale into French. As Petipa and Tchaikovsky used Dumas’s version, one can begin to understand why the classic scenario falls so flat and leaves so much dramatic potential just beyond reach. Just why is Marie so obsessed with this really ugly toy? Just because she is a nice, kind-hearted girl en route motherhood? Bo-ring. You see, in the original tale Marie already knows that the wooden toy is not an ersatz baby.

The missing link of most Nutcrackers resides within a tale within the tale, one that Drosselmeier dangles before Marie across three bedtimes, “The Tale of Princess Pirlipat.” As brought to the stage by Spuck, this Princess is Aurora as spoiled 13-year-old Valley Girl. Already grossed-out by four over-eager and foppish suitors who chase her around with their lips puckered and going “mwah-mwah,” Pirlipat’s troubles only worsen when her father takes out a mouse. The Mouse Queen’s curse turns the girl into a nutcrackeress rabidly hungry for nuts, not roses. [As the queen, Elizabeth Wisenberg offers a pitch-perfect distillation of what is so scary about Carabosse] A handsome surfer dude/nerd prince [Alexander Jones, geeky, tender, masterful, as you desire] comes to Pirlipat’s rescue, only to be slimed in turn. Not passive at all, Marie will plunge this parallel universe in a quest to save him.

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – La reine des souris (ici Melissa Ligurgo)
© Gregory Batardon

Everything in Nussknacker und Mausekönig has been has been reexamined and reconsidered by Christian Spuck. The score – jumbled up and judiciously reassigned – emerges completely refreshed and unpredictable: when was the last time you did NOT cringe at what was going on to the music for the “Chinese” dance? More than that (and many times more), Spuck will address the fact that many people can’t get enough of Tchaikovsky’s celesta&harp-driven “Sugarplum” variation [One minute 48 seconds, if you go by Fedoseyev]. Here, before we even get to the overture – placed way further down the line and, oh heaven, that music will be danced to for once — the action starts when a lonely automaton with a bad case of dropsy plays the Sugarplum theme on an…accordion. The same melody will return to haunt the action intermittently, refracted into a leitmotif, rather than sticking out as a sole “number.” By thoughtfully reassigning other parts of the score, the ballet loses some of what now seems offensive: grandma and grandpa use their canes for a slightly-off vaudeville number to the music of Marie’s solo, which makes them seem jaunty and spry rather than creaky old fools [the determined yet airborne Mélanie Borel and Filipe Portugal manage to suggest a whole lifetime in the theater. This sly duo would deserve to have their story told in a ballet all to themselves]; the “Arabian/Coffee” music is scooped up by a whirling Sugarplum fairy replete with tempting cupcake-dotted tutu [Elena Vostrotina, a tad ill at ease] ; instead of that embarrassing Turk with moustache and scimitar you get a horde of mice with whiskers all a-quiver…I think I’ve already blabbed too much. The whole evening feels like munching through a box of Cracker Jacks. Each caramelized kernel tastes so good you lose sight of hunting for the “surprise.”

Spuck takes infinite care to adapt the movement to each specific type of doll or creature. Indeed, at first only Marie (a.k.a. Clara in some versions) could be said to be the one person who dances…normally [the radiant and silken Meiri Maeda, whose face and body act without calling attention to the fact that she is acting]. Mechanical ones, in the vein of Hoffmann’s Olympia or Coppelia, use the beloved straight leg with flexed foot walk and stiff bust that follows, complete with those elbows bent up like pitchforks. That is, until Marie assumes they are real and the sharp edges soften. Raggedy dolls – such as the sarcastic and powder-wigged Columbine (Yen Han, as sly and ironic as the M.C. in Cabaret, but infinitely more elegant) – flop to the ground and then get swept up, crisply bent in two. Fritz’s army of timid tin soldiers wobble dangerously (and hilariously) as if fresh from the forge. Wheels of all varieties will be worn to shape and typify certain characters. (Sorry, I’m not going to spoil any more of these delightful surprises).

Ballett Zürich – Nussknacker und Mausekönig – Clowns (Ina Callejas, Daniel Muligan et Yen Han)
© Gregory Batardon

And Zurich’s Drosselmeier ain’t no harmlessly doting godfather. He is a moody and masterful manipulator. In Hoffmann’s tale, his hold over Marie stems from sitting rather eerily on the edge of her bed every night and enthralling her with fantastical bedtime stories until she can no longer tell the real from the unreal. To translate this, the set design involves a tiny stage within a stage on the stage where all – even Marie’s parents – fall under his spell. His costume evokes some of the more lunatic figures in children’s literature: Willy Wonka, The Mad Hatter, The Cat in the Hat. And so will his movement. Have you ever watched marionettists at work? Their bodies dart and swoop and wiggle without pause. Their fingers are the scariest: flickering as rapidly as bats’ tongues. And Drosselmeier’s fingers are all over the place. As they delicately creep all over the feisty Marie, children and adults alike will judge him in their own ways. He swoops, he scuttles, he drops into second plié and sways it, his legs shoot out in high dévelopé kicks and flash-fast raccourcis. When the “Rat” theme devolves to not only Jan Casier’s hypnotic Drosselmeier but also to the coven of his twitchy doubles, the musical switch makes perfect sense.

 

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The cozy auditorium of the Zurich opera house resembles a neo-Rococo jewel box. Spuck’s sparkling and multi-faceted Nutcracker nestles perfectly inside it.

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