Au régime light

Yvette Chauviré, « Odette » dans une nuée baroque des « Indes Galantes ». Années 50.

Soirée du 22 avril 2017 – Opéra-Garnier

La soirée en hommage à Yvette Chauviré confirme que les principes de la nouvelle cuisine – une grande assiette avec un petit peu à manger au milieu – ont gagné le monde du ballet. Si l’on excepte le défilé, à l’applaudimètre toujours instructif,  ainsi que le film de clôture, désormais inévitablement réalisé par le talentueux Vincent Cordier, voilà une soirée dont l’entracte dure autant que les parties dansées !

Il faut croire que le répertoire où s’est illustré la ballerine, décédée à quelques mois de son centenaire, n’est plus assez dans les pattes du ballet de l’Opéra de Paris pour qu’on puisse le programmer en grand, même pour un soir. En 1998, l’hommage des 80 ans devait avoir une autre allure, qui alignait Giselle (avec une distribution par acte), Istar et le Grand Pas classique de Gsovsky.

Ce dernier, créé par Chauviré en 1949, est interprété par Myriam Ould-Braham et Mathias Heymann. Ne boudons pas notre plaisir : la gourmandise du partenariat, les épaulements et les équilibres d’Ould-Braham, le ballon d’Heymann valaient à eux seuls le déplacement. Et le moment miraculeux où la ballerine tient son équilibre en retiré pendant que son partenaire fait son petit tour en l’air a été vécu non pas une, non pas deux, mais trois fois (regardez les vidéos de devancières prestigieuses, disponibles sur la toile : les donzelles n’attendent pas que le bonhomme ait atterri pour descendre).

L’extrait du dernier pas de deux des Mirages, dansé par Amandine Albisson et Josua Hoffalt, expressifs et incisifs, donne surtout envie de voir le ballet repris dans son intégralité.

Après l’entracte – vainement passé à faire des mines au cerbère barrant l’accès du cocktail de l’AROP – des élèves de l’École de danse présentent un extrait des Deux pigeons (Aveline d’après Mérante): l’entrée des Tziganes passe bien vite et la jeune interprète de la Gitane aligne sa variation sans faire preuve de chien (elle non plus n’aurait pas réussi à atteindre le buffet). En moins de trois minutes, c’est plié.

Le début de La mort du cygne (Fokine, 1907) convoque immanquablement chez moi le souvenir de l’hilarante interprétation qu’en donnent les Ballets Trocks. Cela ne dure heureusement que les quelques secondes qu’il faut à Dorothée Gilbert pour imposer sa présence, exceptionnelle même de dos.

Viennent enfin de maigres extraits de Suite en blanc : l’Adage avec Ludmila Pagliero et Mathieu Ganio, puis La Flûte avec Germain Louvet – en pot de fleur – et Léonore Baulac qui en a joliment intégré le style.

Tout ceci a duré deux heures. Je meurs de faim.

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6 Commentaires

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6 réponses à “Au régime light

  1. Olivier GUERY

    Cette soirée est une honte pour les minables petits fonctionnaires qui dirigent cette maison.
    Et ce n est pas l’affligeante soirée Merce Cunningham qui viendra relever la descente vers le fond de cette compagnie.
    Vive le Marinskii Bolchoï et autres compagnies de qualité.

  2. Tellement mille fois d’accord avec vous…

  3. Dominique

    Comment pouvez vous fermer les yeux sur le massacre total qu’a été Auber, et ce gala en général? Heymann qui chute, Ould Braham qui rate les relevés, les fouettés,le manège…là, j’avoue que je doute finalement de votre objectivité…

    • « Massacre total »? Heymann a été déséquilibré à la fin de sa variation, c’est dommage, ça arrive, cette petite seconde n’invalide pas toute sa prestation.

      Ould-Braham? Je vous trouve sévère et injuste. Une petite incertitude à la cheville pour l’avant-dernière série de relevés quatrième/quatrième/seconde/tour (petit accroc bien rattrapé) et des fouettés qui commencent bien et finissent malheureusement mal. Cela non plus ne justifie pas d’oublier les aspects remarquables de son interprétation.

      Je ne suis pas un juré de concours qui compte les points techniques, j’apprécie une interprétation dans son ensemble.
      James

  4. Choï

    Ce n’est pas possible : vous vous êtes endormi pendant le grand pas classique. Oui les deux premiers équilibres étaient très beaux mais Myriam Ould Braham à totalement foiré le reste, j’en avais mal pour elle ( devant Atanassoff, Thesmar, Lacotte et toutes les illustres célébrités présentes…..) C’était mortifiant. Ajouté à cela un programme si court, et des danseurs sans présence, le prix prohibitif des billets, franchement j’étais très mécontente de ma soirée.