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In Praise Of Peter Martins. No, really, I mean it…

P1040775Matinée du 5 Mai 2013 : All Rodgers

La matinée du 5 mai 2013 était consacrée au célèbre compositeur de Musicals, Richard Rodgers, qui, aux côtés du parolier Lorenz Hart, fit les beaux jours de la quarante deuxième rue de la fin des années vingt aux milieu des années 40. Cette thématique donne l’occasion de réunir trois chorégraphes qui, à des degrés divers, représentent le répertoire actuel de la compagnie.

Peter Martins, successeur de Balanchine dès 1983, fête cette année ses trente ans de direction. Pour nous Parisiens qui comptons les jours qui mettront fin au règne double « décadent » de notre directrice adorée, il y a matière à penser… Comment fait-il ? Comment font-ils ?

Au travers de ces trois décennies, Martins a pérennisé l’institution ; ce qui force le respect dans un pays où les subventions d’État sont quasi-inexistantes et où la notion de monument historique (Landmark) ne pèse jamais bien lourd face aux impératifs économiques.

En tant qu’œil, il s’est globalement montré averti. La première génération sous sa direction a mis quelques temps à trouver une identité propre après la mort du père fondateur mais elle a abrité d’excellents danseurs tels que Peter Boal (danseur noble par excellence), Damian Woetzel (élégant et primesautier), Miranda Weese (maîtresse de la ligne et pleine d’énergie), Albert Evans (vibrant élastique) ou encore Wendy Whelan (à la présence si étrange), aujourd’hui doyenne des principals.

En tant que chorégraphe ? Le bilan est largement moins positif. Peter Martins a créé un corpus d’œuvres dans la lignée de celles des deux chorégraphes emblématiques du New York City Ballet, George Balanchine et Jerome Robbins. Mais ses ballets manquent en général de tension. Ils démarrent sur une bonne idée, une image forte, mais s’épuisent ensuite dans la répétition du motif plutôt que dans sa construction.

Thou Swell (2003) est néanmoins l’un de ses opus les plus réussis. Est-ce la scénographie – quatre podiums lumineux supportant chacun un guéridon et deux chaises accueillent chacun un couple comme dans ces fantastiques décors des films de Ginger et Fred –, sont-ce les costumes évoquant la mode des années trente, ou encore les célèbres chansons de Rodgers (sur des paroles de Lorenz Hart) bien qu’un peu trop réorchestrée dans la veine d’Andrew Lloyd Weber par Glen Kelly ? Toujours est-il qu’on passe un excellent moment en compagnie de biens beaux danseurs. Sterling Hyltin, légère et mousseuse dans sa robe à fleur rouge est à la fois délicate et intrépide. Elle forme un très joli couple avec Robert Fairchild qui, décidément à un don inné pour regarder ses partenaires. Jenifer Ringer (peut-être la moins avantagée par son costume car elle porte des pointes noires) construit intelligemment son personnage de jolie brune capiteuse aux côté d’Amar Ramasar condensé d’énergie explosive. Teresa Reichlen, archétype farellien de la danseuse – qui se fait, soit dit en passant, de plus en plus rare dans cette compagnie – est à la fois chic et sexy aux bras d’un des plus récents principals de la compagnie, Ask la Cour. Enfin, Sara Mearns est sereine et musicale. Des qualités qui s’accordent parfaitement à celles de Jared Angle (capable de se mettre au piano à l’occasion).

Thou Swell n’échappe néanmoins pas totalement aux habituels défauts des ballets de Peter Martins. Les huit danseurs de corps de ballet (les serveurs et serveuses du dancing) sont plutôt sous-utilisés. Plus grave, la chorégraphie ne souligne pas assez l’identité des quatre couples car chacun d’entre eux a son moment romantique, sa minute funny, son pas de deux sexy. De plus, il n’y a pas assez d’interaction entre eux. L’éventualité d’un triangle amoureux ne pointe jamais à l’horizon.

Une qualité de Peter Martins-chorégraphe qu’on ne pourra lui contester aura été par contre de ne pas succomber au désir de demeurer le seul créateur maison après la mort de Jerome Robbins en 1994. Quand le britannique Christopher Wheeldon, formé à l’école de Royal Ballet puis soliste prometteur au New York City Ballet a été – trop vite, c’était un très joli danseur – chatouillé par la muse chorégraphique, il a trouvé dans son directeur artistique un appui qui lui a permis de se lancer tandis qu’il dansait encore. Avec Carousel (A dance) (2002), Wheeldon signe une pièce bien construite qui rend hommage aux séquences de « dream ballet » des comédies musicales des années 50 sans pour autant tomber dans le pastiche. Un corps de ballet mixte de vingt-quatre danseurs (l’effectif des Willis dans Giselle) sert à la fois d’écrin, de lumière (les costumes, sans être explicites, ont les couleurs foraines des guirlandes lumineuses suspendues au dessus des danseurs) et de décor à deux solistes. Andrew Veyette et Tiler Peck apparaissent séparés par le corps de ballet marchant lentement en formation de ronde. Lui, à l’intérieur du cercle, ressemble à un lion en cage (grand, dansant un peu sec, il est idéal pour évoquer le violent héros imaginé par Ferenc Molnar) ; elle, à l’extérieur du cercle, semble inquiète. Un jeu de cache-cache s’engage qui durera tout le temps du ballet tandis que les autres danseurs se muent, par le miracle d’une chorégraphie inventive et tournoyante en balançoire, en engrenages et enfin en manège : les danseurs se placent en deux cercles concentriques, les huit garçons portent chacun une fille placée en attitude devant sur leur épaule ; elles tiennent un tube doré dans leurs mains. Les autres filles du corps de ballet forment le cercle extérieur. Lorsque les deux rondes s’animent en sens inverse, les danseuses portées par les garçons semblent accrochées à leur tube et leurs jambes figurent celles des chevaux de bois sur lesquelles elles sont censées être installées.

Tiler Peck joue parfaitement la jeune fille flirtant au bord du précipice. À un moment, sous l’attraction de son partenaire prédateur, elle fait des jetés en arrière et saute de dos dans ses bras. Ses dons pour le tendu-relâché, déjà observés précédemment, la servent car ils sont un medium idéal pour exprimer les passions venues du corps.

Au fond, le seul reproche qu’on pourrait faire à Carousel (A dance) est d’être trop court. Après avoir suggéré l’interaction violente entre les deux solistes, Wheeldon termine son ballet sur une apothéose joyeuse ; juste quand on commençait à être captivé par le destin de ses solistes.

Peter Martins, directeur artistique du New York City Ballet aura su également gérer son principal fond de commerce : l’imposant corpus d’œuvre par le père fondateur de la compagnie, George Balanchine. Dans bien des cas et particulièrement à Paris, les œuvres de chorégraphes adulés passent trop vite dans la rubrique historique faute d’être représentés. La mémoire chorégraphique collective opère alors un choix et les chorégraphes eux-mêmes ne survivent plus que par un nombre réduit d’œuvres supposées représenter la quintessence de leur style. Le Balanchine Trust serait impuissant à garder en vie certains aspects de l’œuvre du chorégraphe si des directeurs de compagnie ne programmaient pas certaines pièces. Or au NYCB, rares sont les soirées qui ne comportent pas au moins une œuvre du maître disparu. Slaughter on Tenth Avenue (1936 puis 1968) est non seulement un logique contrepoint à Carousel de Wheeldon mais il représente également un jalon important dans la carrière de Balanchine ; celui où, à la recherche de fond pour créer une compagnie pérenne, il travailla à Broadway. Balanchine étant Balanchine, il ne pouvait que révolutionner ce domaine qu’il touchait de ses doigts d’or. On Your Toes (musique de Rodgers et Lyrics de Hart) est le premier musical dont les ballets sont peu ou prou intégrés à l’action. Il fut également le premier pour lequel le créateur des danses fut qualifié de « chorégraphe » sur les affiches et les distributions. Slaughter est le seul fragment qui a survécu des différents moments dansés de cette fantaisie mêlant danseurs russes, prétentieux à souhait, danseuses légères, gangsters d’opérette et policiers sortis tout droit d’un film muet burlesque dans un décor plus carton-pâte tu meurs. Au New York City Ballet, Balanchine a repris cette pièce, créé sur sa femme de l’époque, Tamara Geva, afin de mettre ses ballerines en situation d’inconfort et leur faire trouver d’autres facettes de leur personnalité. Maria Kowroski était à ce titre délicieusement décalée en stripteaseuse. Longiligne, avec un petit air de fille de bonne famille, elle aguichait par ses déhanchés, ses grands battements et ses cambrés le Hoofer entreprenant portraituré avec humour par Tyler Angle. Ce dernier, menacé par la jalousie d’un premier danseur noble atrabilaire (David Prottas, qui imite le rond de jambe affecté et le cambré maniaco-lyrique avec gourmandise) apprend par le cadavre opportunément ressuscité de sa belle qu’il va être assassiné par un tueur à gages assis dans la salle lorsqu’il mimera son propre suicide. Tyler Angle est irrésistible dans ce passage où il est contraint de bégayer son final jusqu’à l’arrivée de la police. Un grand finale fait suite où méchants comme gentils viennent ajouter leur écho à cette chorégraphie peu conforme aux habituels canons balanchiniens mais néanmoins efficace et plaisante.

Après ce programme, on ressort du théâtre extraordinairement alerte et gai.

Et quand on est accueilli sur la place du Lincoln Center par la douceur printanière et un soleil éclatant, on se prend à fredonner discrètement « Isn’t it Romantic ? ».

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On Ballet and Pop Culture Part I: Hello and How to Get Punched at the State Theater

Hello Everyone,

I haven’t posted my own critiques here yet, but you may recognize me from my grammatically atrocious comments left on those by Cléopold, James, and Fenella. I’m working on the grammar part, but in the meantime let me very briefly introduce myself. I’m 24 years old and currently living in New York working in an industry completely unrelated to the arts. To keep myself sane, I take lots of ballet classes and go to every performance I can. If I’m not at Alvin Ailey, I’m probably at Lincoln Center.

Since I haven’t had any performances to see since the winter ballet season, Cléopold suggested I write a little something on the state of ballet and pop music. Well, I tried, but somehow the idea blew up in my face and what I was left with was the monster that follows. For everything I write, please feel free to agree, disagree, add your own opinion, or call me an idiot in the comments. My schedule for the spring season is posted, so if you’re in NYC come hang out with me at the ballet!

Happy Reading,

Mini Naila

Ballet is something of a cult. For dancers, it’s an art form that requires more than just hard work in the classroom and onstage, it demands devotion bordering on obsession. Teachers can command as much respect from their students as religious leaders, and stars have their own crews of besotted fans that will viciously defend their favorite if challenged. Walk into The State Theater (and no, I will not call it by its other name) on a performance night and mention that you think Sarah Mearns is awful. I dare you. Heck, ballet was founded in France by Louis XIV: a man who wanted his subjects to see him as Apollo (the sun GOD… cultish much?). Chances are, if you’re reading this you probably see yourself in one or more of these categories. For all this, though, it’s easy to forget that the ballet world is a pretty small one. As of the writing of this article Ashley Bouder, principal dancer with New York City Ballet, has 4,807 followers on Twitter (more on that later), David Hallberg (the ‘it’ dancer of the moment) has only 2,999, Pointe Magazine has slightly less than 12,000, while Kim Kardashian has 13,958,170. I say this not out of a sense of disgust (although, yes, that is pretty gross) but to illustrate that ballet probably wouldn’t be considered “mainstream” culture by your average Joe.

Lately, though, there has been an increase in attention from sources that would definitely qualify as mainstream, which I would argue began with the premiere of Black Swan. Before you jump down my throat, I am very aware that Center Stage came out in 2000, but it only grossed $16,401,324 in the US and received exactly 0 Oscar nominations, making it more a ballet cult favorite and guilty pleasure. Since the really noticeable spike has happened only in the past few years, I’m starting with Black Swan. Feel free to yell at me in the comments about why I’m wrong should you so desire.

Remember when Black Swan came out? I don’t know about you, but after about a week everyone I talked to was a ballet expert. “Oh, you take ballet? Have you seen Black Swan? Natalie Portman is such an amazing dancer!” Worse than ballet experts, they were advocates for the poor mistreated ballerinas… all of whom suddenly had an eating disorder and/or mental stability issues. (Incidentally, when Sarah Lane, soloist with American Ballet Theatre, had the audacity to mention that no, you can’t become a ballerina in a year and that she had done all the actual dancing, everyone was outraged.) I’m sure you, as someone who reads a ballet blog, were slightly annoyed to explain that Black Swan, or BS for short (hah!), isn’t quite a documentary about company life. However, there was an amazing result from all of this: people were talking about ballet! Friends who normally could not care less were suddenly asking questions about Swan Lake! Why did the director use certain pieces of music when he did? What was the deal with all the competition? Do dancers really sleep with company directors for parts? It actually made people curious! So, what always follows after a major success? Satire of course! First came Saturday Night Live’s version starring Jim Carey which, I must admit, is pretty funny. There are a ton of parodies out there, but I think the absolute best has to be Sassy Gay Friend’s take on the movie. After making fun of the movie got old, advertisers caught on (as they always do). The two most recent examples of this are Levis and Adidas but there was also AT&T, Chloé, and Methodist Hospital in Houston, all of which premiered after 2010. My personal favorite cannot be a result of the Black Swan push as it came out in 2006, but I’m including it anyway because it’s hilarious: Isenbeck beer (take a minute of your day to watch that, you won’t be sorry). Recently, the ballet craze has jumped to prime time: ABC Family is currently putting together a new show starring Broadway’s Sutton Foster, Bunheads, about life working in a small town dance studio. In book news, Sophie Flack, a former NYCB dancer, just published a young adult novel, also called Bunheads about being a ballet dancer in the super-competitive Manhattan Ballet Company (hmm, wonder which real life company that could be about?). Go back to movies and you’ll find the new short film Prima which is premiering this year at the Tribeca Film Festival and last year’s documentary First Position. If you really want to see the ballet takeover, look no further than Oprah herself who interviewed NYCB principal, Jennifer Ringer. Saving the very best and most popular among the young adult demographic for last, who can forget Stephen Colbert’s interview with David Hallberg? (And who knew Colbert could do a tour en l’air?! Seriously, do yourself a favor and watch both of those. ) Have I made my point yet? I could go on. If you have a favorite that I’ve missed please post it in the comments because I would really love to see it!

To be continued: What’s happening now, and why in God’s name, why?

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